Ma vie est nulle: mais je gagne des sous.
Alors on se console comme on peut, et vu qu'on est coincé dans un open space 7h par jour,
le soir en rentrant, en désespoir de cause,
on se ruine en commandant des trucs inutiles et trop chers sur internet.
BOTW & Monikapolitan auront ma peau, et mes économies.
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Aujourd'hui j'ai eu une petite conversation avec le Johnny de la kitchenette au boulot, et il est pas inintéressant, finalement. Parce que faut dire que l'univers féminin après la ménopause, parfois c'est chaud. Ça parle de voiture (les Clio deviennent des "Clitos" et les 106 des "Saucisses", véridique). Alors MM et moi on essaye différente techniques comme chantonner 'Week-end' de Lorie très fort dans notre tête, comme nous boucher les oreilles avec du papier ou partir faire pipi toutes les 18minutes. Les femmes de plus de cinquante ans sont une espèce particulière, généralement vêtues de hauts léopards, de tshirt à l'effigie de chevaux au galop sur la plage ou d'un candide rose bonbon, chaussées de talons aiguilles à écailles, de bijoux fait par les enfants et ce genre d'accessoires hyper féminins. Elles parlent essentiellement des autres (pas souvent en bien, parce que c'est moins drôle), du beau/moche temps, des pies qui font du bruit mais "oh les bébés pie c'est mignon quand même, hein Martine?" etc etc etc... Certaines draguent ouvertement le seul - pauvre - petit jeune qui bosse là, bref, qu'est ce qu'on se marre. Enfin "nous les femmes", lui surement un peu moins. Brèpheu, le travail est un monde impitoyable ou on supporte ses congénères parfois un peu hostile "eh oh! tu te sers du café collectif? Tu penseras à payer avec tout le monde hein! Et on utilise pas trop de sucre!", et on dégrafe des agrafes. Des dizaines, de centaines, de milliers d'agrafes. D'ailleurs je n'ose plus passer au rayon travaux manuels de Monoprix de peur de tomber sur des agrafes et de me pelotonner par terre en position f½tale: le choc émotionnel. Aujourd'hui j'ai envoyé plus d'une trentaine de courrier et traité 1500 fiches de soin (ouais, je gère, je sais), je me suis fait engueler parce que mon thermos de café perso ne m'a pas suffit et que je me suis servie une minitasse du café collectif, ma patronne m'a offert un bonbon (en soi c'est cool sauf qu'il était au réglisse et j'aime pas le réglisse, mais ne soyons donc pas rabat-joie), j'ai classé, trié, rangé (c'est synonyme mais c'est parce que c'est une très grande partie de ma journée), j'ai chercher mon nom sur les bases de recherche, sans succès. J'ai percé un trou dans le tapis-de souris-repose-poignet en gel qui me donnait trop envie depuis 3 jours (j'ai quand même tenu 20h en tout en me demandant ce qu'il y avait dedans, la réponse étant: un truc qui pue et qui colle: je regrette mon geste, mon bureau sent la mort et j'y reste scotchés dorénavant. J'ai piqué un morceau de PQ pour l'encadrer (je n'ai jamais rien vu qui ressemble autant à une feuille de papier calque SANS POUR AUTANT être du papier calque. On dirait du papier calque recyclé. Bref, pire que le PQ rose de l'école primaire, si, c'est vrai). J'ai appris le nom de quatre personnes, je me suis fait draguer par un cinquantenaire qui n'a toujours pas compris que pour manger valait mieux utiliser ses dents, j'ai mangé un bonbon au réglisse, j'ai recraché le dit bonbon au réglisse, je me suis offusquée en entendant mes collègues parler de... si vous saviez. Bref, une journée dans le monde des fonctionnaires femelles, une. Et encore plein d'autres à venir, chouette alors! L'année prochaine: aurais-je le courage de retenter l'expérience? Tiendrais-je même deux mois? Boirais-je encore du café collectif au péril de ma vie? prendrais-je finalement part aux blagues de Bobette et Fanou?
Seul l'avenir nous le dira...